lunes, 19 de marzo de 2012

Créativité et humour : un baromètre et un gardien de but.

Traducteur: Valérie Guilbert





Niels Bohr était un des grands physiciens du XXe siècle ; probablement, le
penseur le plus profond. Il aimait le football. Son frère Harald remporta même
une médaille d’argent aux Jeux olympiques de 1908. Niels quant à lui jouait à
la position de gardien de but, pas mauvais d’ailleurs.

Mais il avait certaines « lacunes » qui inquiétaient les supporters de son
équipe, tout comme ses propres coéquipiers.

On raconte que dans un match contre une équipe allemande, complètement dominé par l’équipe de Niels, le ballon roulait en direction du but danois. Niels ne s’en était pas
aperçu : il était trop occupé à noter quelque chose sur un des poteaux, tout à
fait étranger au match. Le public placé derrière le but, toujours attentif à
ses excentricités, commença à crier vers lui. Finalement, au dernier moment, Niels
revint à la réalité et arrêta le ballon.

Il s’excusa plus tard dans les vestiaires, tout honteux. Il expliqua qu’une formule
mathématique très intéressante lui était soudainement venue à l’esprit et qu’il
n’avait pas pu s’empêcher de noter la démonstration en oubliant complètement qu’il
disputait un match.

Niels est connu pour ses nombreux mérites scientifiques. Il a créé le laboratoire le plus
important du monde et ses contributions lui ont valu être lauréat du Prix
Nobel. C’était une personne simple et aimable, qui avait en plus le sens de
l’humour.


Alors qu’il était encore un jeune étudiant anonyme, Niels eut à répondre à la
question : « Comment mesureriez-vous la hauteur d’un building à
l’aide d’un baromètre ? ». Sa réponse fut la suivante : « On attache une corde bien longue au
baromètre et on la fait glisser du haut du building jusqu’au sol. Quand le
baromètre touche le sol, on mesure la longueur de la corde et celle du
baromètre et la somme des deux nous donnera la hauteur du building ».

Le professeur s’est senti avoir été déjoué par la réponse (non sans raison) et mit un zéro à Niels. Celui-ci protesta en alléguant que sa proposition était tout à fait logique. Un jury
établit que même si la réponse de Niels était juste au niveau de la forme, celui-ci
n’avait pas démontré avoir un minimum de connaissances en sciences physiques. Il
fut décidé de le convoquer à nouveau et 6 minutes lui furent accordées pour
répondre à la question.

Au bout de 5 minutes, Niels demeurait absent, silencieux. Un professeur, qui commençait à s’énerver, le somma de répondre quelque chose. L’étudiant est alors sorti de ses pensées
et s’est excusé : il avait un problème car il avait plusieurs solutions mais ne
savait pas laquelle donner.

« On peut tout d’abord placer le baromètre à la hauteur du toit du building. On le laisse tomber et on mesure le temps qu’il met à arriver sur le sol. La hauteur du building peut alors être
calculée à l’aide de la formule H=0.5gt2, mais on peut dire au
revoir à notre baromètre !

Ou alors, s’il y a du soleil, on peut mesurer la hauteur du baromètre, puis le placer à la verticale et mesurer la longueur de l’ombre. On peut ensuite mesurer la longueur de l’ombre du building
et à partir de là, ce n’est plus qu’une question de règle de proportionnalité pour
calculer la hauteur du building.

Mais si on veut rester très
scientifique, on peut attacher un petit bout de corde au baromètre et le faire
balancer comme un pendule, d’abord au niveau du sol puis au niveau du toit du
building. La hauteur correspondra à la différence des périodes d’oscillation obtenues
par la formule T=2p(l/g)1/2.

Ou si le building est doté d’un escalier de secours extérieur, le plus facile serait de monter les marches avec le baromètre, de faire des marques successives correspondant à la hauteur du baromètre et d’additionner toutes les longueurs de baromètres.

Bien entendu, si on veut être plus sérieux et plus conventionnel, on peut utiliser le baromètre pour mesurer la pression de l’air sur le toit du building et au sol, puis convertir en mètres la
différence obtenue en millibars pour connaître la hauteur du building.

Mais comme on nous encourage constamment à exercer l’indépendance mentale et à appliquer des méthodes scientifiques, la meilleure façon serait sans aucun doute de frapper à la porte du concierge et de lui dire : « je vous offre un beau baromètre tout neuf si vous me
dites la hauteur de ce building ».

Vous pourrez trouver cette anecdote, et bien d’autres, dans le livre Eurekas y
euforias de Walter Gratzer (traduction de Javier García Sanz), éditions Crítica, collection Drakontos.


Antonio Carrillo

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